Des jeunes, acteurs de leur avenir

« L’EPIDE est ma nouvelle famille »

Réfugié politique, Paul a tout perdu en Tanzanie, pays qu’il a fui en 2013. Volontaire à Marseille, l’EPIDE est devenu, pour lui, une nouvelle famille.

A 22 ans, c’est un nouvel horizon qui s’ouvre pour Paul. Un futur plein d’espoir. Le jeune homme vient, en effet, de terminer son parcours au centre EPIDE de Marseille, après un peu moins de huit mois. A la clé, une alternance pour devenir éducateur sportif.

Jamais le jeune homme n’aurait, pourtant, un jour imaginé devenir éducateur sportif, surtout si loin de son pays. Et pour cause, Paul est Tanzanien. Aujourd’hui réfugié politique, il a fui son pays il y a six ans, seul. « Je suis né en Tanzanie, en 1996. Je suis parti à cause des problèmes politiques, à la fin de l’année 2013 » explique-t-il sobrement. « Mes parents sont décédés en Tanzanie avant mon départ. Je n’ai plus de famille proche là-bas » regrette-t-il.

De la Tanzanie, à Marseille, en passant par Mayotte

Après son départ, Paul se rend à Mayotte, où il y reste pendant près de trois ans. « Je ne connaissais personne là-bas ». Paul y fonde toutefois une nouvelle famille : « En 2016, j’ai eu une petite fille avec une Congolaise ». Si la vie est plus simple à Mayotte, Paul ne trouve pas de travail stable. « En 2017, j’ai réussi à avoir un travail dans une entreprise de climatisation, pendant neuf mois en CDD ! Mais je ne trouvais pas de formation, ni de vrai travail à Mayotte ». Une situation qui le pousse à se rendre en métropole, seul une fois encore. « Ma compagne est restée à Mayotte avec notre fille » explique-t-il.

« Je recommence tout à zéro en France » Paul, ancien volontaire du centre EPIDE de Marseille.

Paul se rend ainsi à Marseille. « Je suis venu pour garder l’appartement d’un proche qui était hospitalisé, mais j’étais toujours au chômage » A Marseille, Paul retrouve une connaissance de Mayotte qui lui parle de l’EPIDE. « Il m’a expliqué que l’EPIDE pourrait m’aider à trouver un emploi ou une formation. J’étais sportif et ça correspondait bien à mon profil ». En avril 2018, Paul intègre ainsi le centre EPIDE de Marseille.

En arrivant à l’EPIDE, sur le volet formation, Paul doit essentiellement reprendre les bases, le jeune homme ayant arrêté l’école en troisième en Tanzanie, mais aussi améliorer son français. « La formation m’a beaucoup aidé. Je me suis bien amélioré en français. J’avais un petit niveau avant. Maintenant, je peux m’exprimer très facilement » explique-t-il clairement.

« L’EPIDE, c’est magnifique » Paul, ancien volontaire du centre EPIDE de Marseille.

La langue française, un obstacle à l’emploi

Côté insertion professionnelle, Paul a deux projets professionnels en tête : « Continuer dans les climatiseurs ou devenir éducateur sportif. A Mayotte, j’avais déjà commencé mon BAFA » note-t-il. « Grâce à l’EPIDE, j’ai pu obtenir beaucoup d’expérience. J’ai fait plusieurs stages pour découvrir de nouveaux métiers. Cela m’a ouvert l’esprit et j’ai su ce que je voulais faire ».

Tout ne fonctionne toutefois pas tout de suite pour Paul. Il passe ainsi un concours pour intégrer une formation d’éducateur sportif au sein de l’Institut Méditerranéen du Sport de l'Animation et du Tourisme (Imsat) de Toulon. « C’était une grande expérience pour moi. J’ai pu voir qu’il y avait beaucoup de concurrence dans ce métier, beaucoup de jeunes, dont certains avec de l’expérience ». Malheureusement, pour Paul, même s’il obtient les meilleurs résultats physiques des épreuves de sélection, il n’est pas retenu.

Une véritable « désillusion » pour celui-ci, non retenu à cause de ses difficultés en français. « J’ai voulu abandonner, mais ma conseillère en insertion professionnelle de l’EPIDE a su me remotiver » explique-t-il. « L’EPIDE, c’est vraiment comme ma nouvelle famille. Les agents de l’EPIDE étaient comme mes parents, mes sœurs, mes tantes. Ils me conseillaient, me remettaient dans la bonne direction » se remémore-t-il, déjà nostalgique. « Grâce à eux, j’ai même réussi à arrêter de fumer ». « L’EPIDE me manque déjà ! On est bien nourri, cadré, etc. » avoue Paul. « A l’EPIDE, on a tout à disposition pour réussir ».

La chance sourit finalement à Paul. Ce dernier est, en effet, pris en alternance par l’association Aventura Sport de Marseille. « J’enseigne la boxe anglaise, trois soirs par semaine, à des adultes de 18 à 25 ans. J’apprends aussi à donner des séances, les organiser, les mener, etc. De mon côté, je pratique aussi l’athlétisme ». En juin 2019, Paul sera cette fois évalué par un jury qui devra valider sa formation. Une dernière étape, cruciale, avant de vraiment commencer sa nouvelle vie.