Pendant cinq mois, un groupe de volontaires du centre EPIDE de Toulouse a réalisé un documentaire sur l’histoire de l’aéropostale et de la ligne Latécoère. Un projet qui leur a permis, grâce à des professionnels de l’image et de nombreux partenaires, de découvrir l’histoire de l’aéronautique, d’interviewer des passionnés ou encore d’effectuer un baptême de l’air.
Les volontaires du centre EPIDE de Toulouse en plein tournage
La découverte de l’histoire de l’aéronautique et de l’aéropostale en France. Un vaste projet de près de cinq mois, abouti le 11 décembre dernier, et auquel ont participé douze volontaires du centre EPIDE de Toulouse. A cette occasion, les volontaires ont présenté lors d’une cérémonie de remise des diplômes à l’ENAC, l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile de Toulouse, un documentaire vidéo qu’ils ont eux-mêmes réalisé.
Ce dernier, intitulé La ligne, une histoire qui dure depuis 100 ans, sera même projeté en ouverture de la cérémonie du centenaire de la ligne Latécoère - Aéropostale qui réunira prochainement de nombreuses personnalités, dont 100 pilotes brevetés à l’ENAC.
Si ce documentaire a pu voir le jour, c’est grâce à la collaboration du centre EPIDE avec les associations Un morceau de ciel bleu, en la personne de Philippe Le Bris, et J’ouvre l’œil, par l’intermédiaire du caméraman Louis Michel Salles. Grâce à ces professionnels, les volontaires ont découvert le monde de la réalisation vidéo. L’occasion d’apprendre les aspects techniques de prise de vue et de son, du montage vidéo, ainsi que la construction et la réalisation d’une interview. Un apprentissage nouveau pour ces volontaires, comme Ahmed : « Tourner des vidéos, réaliser des prises de son et les interviews, c’était super intéressant ! ».
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Des rencontres marquantes
Suite à ce travail préparatoire sur la technique audiovisuelle, les volontaires ont découvert l’histoire de l’aéropostale et de ses grands héros, tels Latécoère, Mermoz, Daurat, Guillaumet et Saint-Exupéry. Une préparation obligatoire avant d’aller à la rencontre de personnalités qui ont témoigné et fait revivre cette période historique. Des histoires touchantes pour les volontaires, comme Elden : « Ce qui m’a marqué, ce sont les rencontres avec les passionnés. Ils ont su nous faire partager l’histoire et les avions de l’époque de l’aéropostale ».
Parmi ceux-ci, les volontaires ont ainsi rencontré Jean François Bruna Rosso, directeur du musée des ailes anciennes, qui participe actuellement à la reconstruction d’un Salmson 2A2, un avion de reconnaissance et d'observation qui a vu le jour en 1916 pendant la Première Guerre mondiale. Ils ont aussi échangé avec Bernard Bacquie, pilote écrivain et spécialiste de Jean Mermoz, sur les lieux de vie de ces pilotes mythiques : l’hôtel du grand balcon et le restaurant « le petit Louis » de Toulouse. Autres personnalités rencontrées par les jeunes, Gérard Hardy initiateur du futur musée de l’aéropostale de Montaudran, lieu de naissance des lignes long courrier et enfin, les pilotes de l’association « Breguet XIV » de Castelsarrasin, qui font revivre le seul exemplaire au monde capable de prendre l’air.
Le Raid Latécoère
Autre évènement fort pour les volontaires, le 27 septembre, avec le départ du « Raid Latécoère ». L’occasion, lors d’interviews et d’un tournage vidéo, de vivre un moment particulier d’échange avec les pilotes quant à leurs expériences et la raison de suivre les traces des anciens, tout en apportant une aide aux populations lors des étapes. En effet, ce parcours, permet de revivre le trajet mythique de l'aéropostale sur le raid le plus long du monde avec le survol de plus de dix pays, sur trois continents. Il y a un siècle maintenant, Pierre Georges Latécoère réalisait ainsi son rêve de « relier les hommes et les continents par l’aérien », grâce à une ligne aérienne reliant la France à l’Afrique et l’Amérique du Sud.
Les volontaires se souviendront aussi longtemps des encouragements reçus d’Hervé de Saint-Exupéry, arrière petit neveu du pilote-écrivain, et de sa fille, qui ont su se rendre disponibles pour répondre à leurs questions lors de cet évènement.
Un baptême de l’air « inoubliable »
Dans le cadre de ce projet et afin de vivre au plus près les sensations du vol, le CIRFA-AIR de Toulouse a également invité les jeunes cinéastes amateurs pour un baptême de l’air à bord d’avions de tourisme DR400 sur l’aérodrome de Lasbordes-Toulouse. Une séance riche en émotions pour les volontaires, comme Anthony : « J’ai eu très peur lors du baptême de l’air. J’ai failli arracher le siège, mais c’était quand même super ! », ou Orhan pour qui « ce baptême de l’air restera inoubliable ! ».
De retour au sol, les volontaires ont découvert l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC), en la personne de Jean Pierre Salton, formateur en navigation à l’ENAC, qui leur a ouvert les portes de cette institution. Au programme, la visite des locaux, la découverte des outils d’apprentissage des élèves pilotes et ingénieurs. Autre moyen de redécoller, les volontaires ont pu s’exercer au pilotage sur simulateur. Ils ont enfin visité le planétarium pour une séance pleine de poésie.
De nouveaux projets professionnels à la clé
Ce projet a permis aux volontaires au-delà de la découverte de l’histoire toulousaine, nationale et internationale des lignes de transport de courriers, de partager la passion de femmes et d’hommes animés par ce devoir de mémoire. Un projet pendant lequel les jeunes ont aussi fait preuve d’une réelle implication dans un environnement inconnu, loin de l’univers où ils évoluent habituellement. A la clé, une ouverture culturelle indéniable, celle-ci faisant partie intégrante des objectifs de l’EPIDE.
Ces cinq mois de travail ont aussi amené certains volontaires à se découvrir un intérêt pour différents milieux professionnels. Si certains ont déposé des dossiers pour rejoindre l’Armée de l’Air, d’autres ont déjà trouvé des stages dans l’audiovisuel.
Des jeunes, acteurs de leur avenir
